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23 Sep, 2017
  • Mise à jour du site dimanche 17 septembre 2017 à 20:55:47

Histoire de la batterie

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Catégorie : Batterie

Parmi le nombre considérable d’instruments de percussion que les musiciens utilisent à l’heure actuelle, la batterie demeure le plus connu et le plus facilement reconnaissable.

Contrairement à la guitare électrique par exemple, la batterie (ou « drums » en anglais) dans sa forme la plus fondamentale a connu une évolution et un développement s’étendant sur plusieurs décennies. De la naissance de l’instrument au début du XXe siècle (après la création de la grosse caisse) jusqu’aux innovations dont il bénéficie encore à l’heure actuelle, l’histoire de la batterie est fascinante : on l’a modifiée continuellement et, au fil des années, celle-ci est progressivement devenue l’instrument le plus répandu de la famille des percussions, en plus d’être le fondement de presque toute la musique populaire moderne.

La batterie : l’union fait la forme

Les différents constituants de la batterie tirent leurs origines de très lointaines époques; on doit en effet reculer de quelques milliers d’années.


Tambours africain

On a adopté le tambour africain en Rome antique vers 200 av. J.-C., tandis que la grosse caisse turque a commencé à être en circulation en Europe au cours du seizième siècle.

Tous les éléments qui composent la batterie étant des instruments de percussion dont l'apparition remonte à l'aube de l'humanité (mis à part sa quincaillerie métallique, qui n’est là que pour en faciliter l’utilisation et consistant en des pièces ou dispositifs qui en ont réellement fait un instrument contemporain), d’où provient donc vraiment la batterie, cet assemblage de différent tambours issus de cultures variées pour constituer un ensemble « unifié »?

La réponse à cette question réside dans l’histoire américaine : l’assemblage final de la batterie coïncide avec la naissance de la musique jazz et des big bands ainsi qu'aux différentes avancées technologiques issues des É.-U. au début des années 1900. Il ne serait pas faux de dire que la batterie est aussi américaine que le baseball, les hot-dogs et la tarte aux pommes…

Voyons donc en profondeur l’histoire et l’évolution de la batterie, cet instrument-phare de la musique moderne; un instrument issu de la fusion d’éléments culturels de plusieurs continents ayant été unis par la collaboration d’une poignée de musiciens et concepteurs des années 1900.

Des percussions et des hommes

Héritière d'un passé lointain, la batterie possède un héritage millénaire et marqué par maints peuples de presque tous les continents. À sa naissance en Amérique, ses composantes sont surtout d'origine étrangère : la grosse caisse et la caisse claire provenant d'Europe, les cymbales de Chine et de Turquie, tandis que les toms sont chinois, africains et amérindiens.

L’histoire de la batterie est en ce sens tout à fait unique : lorsque l’on examine son constituant principal, le tambour, d’un point de vue historique, on remarque que celui-ci est ou a été un élément présent dans presque toutes les cultures de la planète.

Le tambour : instrument millénaire aux fonctions multiples

Les premiers tambours auraient été créés il y a aussi longtemps qu’en 6000 av. J.-C. De petits tambours cylindriques ont été découverts en Mésopotamie et dataient de 3000 av. J.-C. À l’intérieur de cavernes du Pérou ont été découverts des inscriptions qui illustrent l’utilisation il y a des milliers d’années du tambour dans plusieurs aspects de la vie collective. Les membres des premières nations d’Amérique, quant à eux, utilisaient les gourdes et des tambours faits de bois pour leurs rituels et cérémonies.


Tambour télégraphique (Congo - 1929)

En fait, dans de nombreuses cultures les tambours ont fait partie des cérémonies et rites de passage et, bien sûr, des célébrations depuis la naissance du peuple. Dans les cultures tribales africaines, les tambours avaient un rôle important dans les rituels, les cérémonies religieuses et les cérémonies de baptême; certains servaient même à guérir des malades. Les membres de tribus africaines différentes misaient également sur l’utilisation des tambours pour s’exprimer et communiquer. Voilà l’une des manifestations du fait que les tambours n’ont pas toujours servi à jouer de la musique : ils ont aussi été utilisés à des fins de communication. Les batteurs et tambours africains auront par ailleurs créé des rythmes variés qui a influencé grandement la musique « rock » occidentale.

Dans les sociétés occidentales, on a utilisé le tambour à la guerre, pour donner des signaux et commandements aux soldats ainsi que pour faire du bruit et effrayer l’ennemi. C’est par après que le tambour aura été utilisé en musique, par les corps de percussion militaires par exemple. On peut dire la manifestation contemporaine du tambour est quelque peu fascinante.


Cymbale grecque du Ve siècle

En ce qui a trait aux cymbales, tout comme les toms, elles sont surtout d’origine chinoise, cependant, on en a retrouvé faites de bronze et de forme turque (la forme la plus employée en jazz et en « rock »), mais de plus petite taille, dans des tombes grecques antiques. Les Grecs, à l’époque, croyaient que l’instrument avait le pouvoir d'éloigner les mauvais esprits; par ailleurs, on les retrouvait possiblement dans les fêtes et banquets, selon ce qu’illustrent des œuvres de l’époque.

Les tambours : une définition

Le tambour serait donc le plus ancien instrument de percussion utilisé par l’homme. Le mot « tambour » est d’origine orientale. La variété standard de tambour consiste simplement en une bûche évidée (ou une gourde) sur laquelle sont tendues une ou deux peaux. Initialement, les tambours étaient donc petits et de fabrication toute simple. Des bouts de bois ou des os étaient utilisés en guise de baguettes.

Les sons et les rythmes produits par un tambour variaient donc au départ selon la taille de la gourde ou bûche utilisée pour sa fabrication. Par la création de tambours aux formes et tailles différentes, nous sommes parvenus à pouvoir créer, en jouant du tambour, une vaste gamme de couleurs tonales et de contrastes.

Les tambours plus modernes consistent en une pièce évidée (que l’on appelle le « body »), d’une membrane tendue sur celui-ci et de tirants (les vis qui font le tour du cercle en métal) qui rendent la membrane plus ou moins « ferme » afin d’obtenir différentes tonalités. On tend à croire que c’est le « body » qui produit le son, mais c’est en fait la membrane et sa vibration qui créent le son lorsqu’on frappe sur le tambour.

Du nécessaire au révolutionnaire

Au fur et à mesure que l’exploitation des Noirs est devenue commune aux États-Unis dans les années 1800, les esclaves ont commencé à créer leurs variations d’instruments en terre américaine. Il n’était généralement pas permis aux esclaves de jouer de la musique, mais les ensembles de percussions faits à la main étaient souvent ignorés, et par le temps que le pays a reconnu l’existence de la batterie, personne ne savait qu’originalement, elle avait été créée par des esclaves afro-américains.

Les percussions avaient existé dans des formes variées depuis des siècles, mais jusqu’au début du XXe siècle, elles avaient été jouées individuellement, habituellement par des sections de percussions comprenant des instruments et percussionnistes variés. Dans les orchestres, les percussionnistes jouaient au départ debout, mais lorsque vers la fin du XIXe siècle ils durent se produire sur de plus petites scènes, les coûts de production devenant plus élevés pour tout le secteur du divertissement, on leur demanda également de commencer à jouer de deux ou plusieurs percussions à la fois.


Première pédale de grosse caisse (1909)

On doit donc le regroupement d’instruments de percussion en un seul à des musiciens-tambours inconnus - les tout premiers batteurs! - qui jouaient dans les bars, les théâtres, les salles de danse, les fêtes foraines et les cirques autour de 1890.

Toutefois, la plupart des historiens et batteurs affirment que la batterie comme nous la connaissons a en fait été créée quand les percussionnistes ont commencé à jouer de la grosse caisse avec une pédale commercialisée par Ludwig en 1909 (la pédale de grosse caisse bien entendu). Celle-ci a rendu possible pour un batteur de jouer de ce tambour avec son pied, libérant du coup ses deux mains, qui étaient alors disponibles pour jouer de la caisse claire, des cymbales et de tout un lot d’accessoires ou de jouets.

L’évolution de la batterie par époque

Fin du XIXe siècle

Les fanfares ont été le type d’ensembles instrumentaux le plus commun aux États-Unis vers la fin du XIXe siècle. Chaque ville des É.-U. possédait un kiosque à musique où avaient lieu des concerts, et il est possible que leur existence relève de la Guerre civile. Chaque unité militaire avait son propre corps de percission, le plus souvent formé selon la localité. À l’occasion, même après la fin d’un conflit, certains demeuraient unis et actifs, alors que d’autres disparaissaient complètement.


Corps de percussion militaire lors de la guerre civile américaine

Chaque corps de percussion consistait en deux ou plusieurs tambours qui jouaient la caisse claire, la grosse caisse et les cymbales. En plus de prendre part aux parades, ces formations se produisaient parfois « à l’intérieur » pour amuser les invités et fournir l’ambiance musicale lors d’événements tels que les piqueniques et regroupements sociaux. Et quand ces groupes se produisaient à l’intérieur, l’instrumentation standard était réduite pour des raisons pratiques. Par conséquent, la présence de deux tambours ou plus n’étant plus voulue, des inventions ingénieuses pour parvenir à un jeu « multi-percussif » ont été développées, pour ensuite être adoptées définitivement par les big bands. Pour le joueur de tambour, effectuer un rythme complexe est donc devenu possible par la création du pied de la caisse claire et de la pédale de grosse caisse. Avant la création de ces pieds, celui-ci suspendait son instrument à ses épaules à l’aide d’une courroie ou d’une sangle, ou plaçait le tambour sur une chaise pour pouvoir en jouer.

C’est William F. Ludwig Sr., percussionniste et fondateur de la Ludwig Drum Company, qui a développé et commercialisé la première pédale de grosse caisse (aussi appelée « bass drum pedal ») en 1909. Une fois ces deux inventions disponibles, un seul joueur de tambour pouvait faire le travail d’un ou plusieurs joueurs.

De là résulte la batterie…!


Les premiers «drum set»

Les premières batteries consistaient en une grosse caisse opérée par pédale, et en plusieurs autres éléments de percussion qui étaient attachés à la caisse. Puis, des sortes de consoles ont été créées et placées sur celle-ci, et plusieurs supports et trépieds métallique ont pu soutenir les autres composants de la batterie contemporaine : caisse claire, toms (tom toms chinois), cymbales, cloche à vache, et autres éléments facultatifs de percussion.

Il nous faut ici prendre en considération le rôle du batteur au début du vingtième siècle. Deux types de batteurs de concerts étaient alors convoités : pour salles de spectacles et pour salles de cinéma. À cette époque, on n’assignait pas nécessairement aux batteurs le rôle de percussionniste. En effet, lors des représentations cinématographiques, ils avaient le plus souvent la tâche de produire les effets sonores du film.

Ainsi, directement par-dessus la grosse caisse et devant le batteur se trouvait un plateau d’accessoires conçu pour les effets sonore et bruitage. Celui-ci comprenaient le plus souvent des cloches à vache, des blocs de bois, des castagnettes, des « jingle sticks », des cloches ainsi que des tambourines.


Trap kit

Toutefois, on y incluait aussi d’autres instruments à effets et « gadgets » comme les sifflets, les rochets, les imitations de locomotives, des sonneries de téléphone, des « pop guns » et même des bruits d’animaux et pleurs de bébé! La principale compagnie qui fabriquait alors ces consoles et « trap kits » en anglais – et le fabricant majeur de l’époque – était Walberg & Auge Company and Premier.

À l’époque, les grosses caisses et caisses claires étaient des versions modifiées de leur équivalent destiné aux fanfares : diamètre de 28 pouces ou plus pour la grosse caisse, et plus profonde. Les caisses claires étaient aussi plus profondes et étaient équipées de timbres sous chacune des peaux, soit celle du dessous comme celle du dessus. Les peaux des toms chinois ne pouvaient être accordées et étaient agrafées aux côtés de la caisse.


Trap kit crée par Slingerland (1930)

En ce qui concerne les cymbales des premières batteries, celles-ci étaient de taille inférieure à leur équivalent moderne; il était rare de voir une cymbale possédant un diamètre de plus de 12 pouces. Les premières adaptations des cymbales charleston (aussi appelée « hi-hat ») furent une cymbale montée sur la grosse caisse d’abord (cymbale sur laquelle on frappait grâce à un mécanisme auxiliaire à la pédale de la grosse caisse), ainsi qu’un ensemble de plaques à charnière auquel on fixait une paire de cymbales et qui était joué avec le pied (souvent utilisé pour marquer le rythme).

Les années 1920

C’est au cours des années folles qu’a été créée la « low-boy » (ou « low-hat », semblable aux cymbales charleston (« hi-hats ») modernes. Comme son nom l’indique, elle était plutôt petite, mesurant environ 12 pouces de haut, et lorsqu’on appuyait du pied, son mécanisme refermait deux cymbales ensemble.


« low-boy » conçu par Gretch (1920)

Parmi les premiers batteurs à avoir utilisé la « low-boy », on a Warren Baby Dodds, Paul Barbarin, Ben Pollack et Stan King. Avant cette innovation, les batteurs accentuaient les rythmes plus faibles de deux et quatre en étouffant ou en atténuant de la main une cymbale suspendue. Maintenant, cet accent pouvait être joué avec le pied gauche, libérant du coup les mains du batteur qui put se mettre à jouer des rythmes syncopés, jouer sur plus d’un composant à la fois.

On a surélevé la « low-boy » deux fois au cours de son développement. Comme mentionné plus haut, elle a grandi pour devenir les cymbales charleston telles qu’on les connaît aujourd’hui, partie de la batterie dont les cymbales mesurent environ 20 pouces de diamètre. Elles ont facilité grandement le jeu pour les batteurs swing dont Chick Webb, Gene Krupa, Ray McKinley et Jo Jones, qui désiraient pouvoir marquer les temps sur les cymbales, non seulement avec la pédale de charleston, mais aussi avec la baguette.

Au cours de la même décennie, les batteurs de New Orleans ont commencé à expérimenter avec les « fly swatters » qui, plus tard, sont devenus ces balais qui créent les rythmes « dance » connectés, légatos à la caisse claire. L’effet était produit en faisant rouler l’éventail-brosse sur le dessus d’une peau de tambour de veau.

Les années 30

Au cours des années 30, c’est la musique swing qui régnait sur toutes les scènes. Des groupes tels que ceux de Duke Ellington, Count Basie et Benny Goodman auront aidé les Américains à oublier leurs soucis reliés à l’une des pires crises économiques de l’histoire des États-Unis.


Fletcher Henderson

Le swing est né en 1923 lorsque le chef d’orchestre de variétés Fletcher Henderson a commencé à composer de la musique originale pour son orchestre et à en faire les arrangements.

Laissant beaucoup place à l’improvisation, les caractéristiques de sa musique consistaient en des harmonisations rigoureuses, un système d’appel et de réponse entre les cuivres et les instruments à anche et l’utilisation de figures de « riffs » répétées jouées derrière un soliste. Le nouvel ensemble de Henderson combinait l’improvisation que l’on retrouve dans les débuts du « New Orleans style », alliée à des aspects – au niveau de la composition – de la musique ragtime au piano. Ces développements ont eu des effets importants sur le jeu du batteur. Lorsque l’on écoute de la musique issue de cette période, on remarque le changement important dans le son et dans le « feeling » : les motifs rythmiques qui étaient au départ joués à la caisse claire et sur des instruments de percussion secondaires tels que les blocs de bois, les blocs chinois, les cloches de vache, étaient désormais constamment joués sur les cymbales charleston.

Tandis que la main droite jouait le motif swing sur le « hi-hat », la main gauche était libre d’effectuer les accents sur la caisse claire, en appui de l’arrangement et du soliste.


Gene Krupa

C’est aussi dans les années 30 que la star de la batterie Gene Krupa a connu son essor. Son jeu énergique au sein du Benny Goodman Orchestra a contribué à faire de lui une véritable icône de la batterie. Gene s’est joint à Goodman en 1934, et son influence s’est fait entendre dans le jeu de tous ceux qui lui ont succédé, par exemple par le type d’équipement et la taille des tambours utilisés par les batteurs. Krupa a contribué à standardiser le « set-up » de batterie que les batteurs jazz utilisent encore aujourd’hui : grosse caisse de 24 ou 26 pouces, caisse claire de 14 pouces, petit tom de 9 par 13 fixé sur la carcasse de la grosse caisse, et tom basse de 16 pouces. Mis à part la taille de la grosse caisse, ce « set-up » est encore utilisé par plusieurs batteurs de big bands et s’avère « économique » en termes d’ergonomie – cela permettait à Gene d’exécuter ses solos plus facilement. En plus d’avoir développé ce « set-up » de batterie « multifonctions », il a contribué à développer des toms accordables à l’aide de tirants placées de chaque côté de ceux-ci. On lui doit aussi ce fini blanc nacré tant apprécié chez les batteurs jazz, dont Buddy Rich. En fait, avant Krupa, toutes les batteries possédaient un fini noir ou blanc. À l’époque, les toms basses sur pieds (inventés par Slingerland) ont aussi fait une apparition remarquée, certains munis d'une pédale pour modifier la tension de la peau.

Grâce à la popularité du morceau de 1937 « Sing, Sing, Sing » (paru chez RCA), Krupa est devenu l’un des premiers batteurs jazz à jouer de très longs solos, et à se faire remarquer et être applaudi par la critique.

1940 à 1960


Kenny Clarke

À New York, au cours des années 40 à 50, de petits groupes de musiciens dont le batteur Kenny Clarke et le pianiste Thelonious Monk ont commencé à mener un mouvement où la fonction du band était d’interpréter de la musique destinée à être écoutée et non pas à la danse (ce qui avait été la norme tout au long des années 30 et 40). Ce nouveau genre de musique, appelé « be-bop », comprenait des harmonies complexes aux mélodies appropriées, des accents poly métriques ardus, et des tempos très rapides. Pour les batteurs des années 30 et 40, la fondation et le point central du tempo d’un morceau avaient été la « hi-hat » et la grosse caisse. Pour la nouvelle vague de batteurs de « be-bop », le « foyer » du rythme est devenu la cymbale « ride ». Kenny Clarke est d’ailleurs le premier musicien, après l’apparition des pieds de cymbales, à s’être servi de grandes cymbales turques (renommées plus tard « ride ») pour marquer le « chabada ».

Le batteur, à cette période de l’histoire, a commencé à être vu comme maitre du rythme du band. Il était le leader du temps et de la section rythmique. Le batteur de « be-bop » utilisait la batterie et les éléments de son « set-up » pour changer les couleurs et les textures d’un arrangement en jouant des « fills » et en y ajoutant des « commentaires rythmiques ». L’accent sur chaque premier temps était alors également beaucoup plus léger, et la taille des tambours un peu plus petite. Une batterie pour « be-bop » consistait en une grosse caisse de 18 pouces et d’un tom basse de 14 pouces.

Une innovation très importante des années 50 (vers la moitié de la décennie) qui a changé le son et le « feel » de la batterie est l’avènement de la peau de tambour synthétique. Tous les enregistrements produits avant 1957 contiennent le son de la batterie à membrane de peau de veau. Après que Remo Belli ait inventé la membrane de plastique, la plupart des batteurs l’ont adoptée, étant donné la difficulté à maintenir l’accordage de celle faite de peau de veau : lors de journées chaudes et humides, l’accordage du tambour était plus bas (l’humidité de l’air affectant les peaux naturelles); en hiver, alors que l’air était sec, son accordage devenait plus bas, la peau se tendant étant donné le froid, obligeant du coup les batteurs à mouiller leurs peaux afin de pouvoir jouer de leur instrument.

Néanmoins, la peau de veau avait tendance à répondre avec un rebond plus lent lorsqu’on en jouait avec une baguette, et pouvait sembler plus douce et moins « abrasive » que le plastique. Avec la membrane de veau, si la température et l’humidité étaient à point, on pouvait obtenir un son sourd de grosse caisse sans égal. Les balais produisaient également un son étonnant lorsqu’on les utilisait pour jouer sur une peau de batterie de veau : le son des poils tandis qu’ils glissaient sur la membrane naturelle ne donnaient pas du tout le même effet que lorsque passés sur le plastique. En outre, les peaux de batterie de veau, si on en prenait soin, avait une durée de vie plus longue que les peaux synthétiques.


Swiv-o-matic (1960)

Dans les années 50, ont également été effectués d’importants développement et améliorations dans le design de la quincaillerie de la batterie. En 1959, La Rogers Drum Company a développé un trépied de tom à joint à rotule appelé le « Swiv-o-matic » permettant une flexibilité accrue en positionnant les toms montés sur la grosse caisse. C’est ce fabricant qui a également lancé de véritables attaches de toms réglables et flexibles au cours de la même année.

La baguette à embout en nylon a été inventée dans les années 50 par un dénommé Joe Calato. Cet avancé a contribué à augmenter pour le batteur la définition par baguette en produisant un son articulé sur une cymbale plus mince et au ton plus bas. Comme après la création des peaux de tambours synthétiques, beaucoup de batteurs ont abandonné leurs baguettes chouchous pour se tourner vers la baguette en nylon, alors que d’autres ont continué d’utiliser la formule bois sur peau de veau. Par exemple, Buddy Rich aimait le son et la consistance des peaux de plastique, mais préférait le son produit par les baguettes de bois. Mel Lewis aimait les peaux de batterie de veau et les utilisait sur ses caisse claire et grosse caisse, mais préférait les baguettes à embout de nylon sur ses cymbales K Zildjan minces.

Années 60 et après


« New Beat hi-hat » par Avedis Zildjian

La musique des années 60 est devenue de plus en plus lourde, voire même assourdissante pour certains, le « rock » prenant de plus en plus de place dans la musicosphère. Cela a mené à des changements dans la manière dont les composants de la batterie étaient fabriqués. L’une des transformations importantes de la batterie ayant eu lieu au cours de cette période concerne le poids des cymbales; celles-ci sont devenues de plus en plus lourdes et épaisses afin de répondre aux besoins des styles musicaux électriques, plus agressifs de l’époque. La Avedis Zildjian Company a fabriqué la paire « New Beat hi-hat » au début des années 60; elle consistait en une cymbale du bas très lourde et une « medium top ». Les « hi-hats » jusqu’à cette époque avaient toutes été faites d’un « medium bottom » et d’une cymbale du dessus mince. Les cymbales crash et ride sont elles aussi devenues plus épaisses, afin que leur son puisse percer à travers l’amplification infernale que les groupes ont commencé à employer.


Ringo Star (The Beatles)

Au cours des années soixante, le succès de groupes « pop-rock » comme les Beatles (avec Ringo Star, au jeu simple mais efficace, aux baguettes) a popularisé la batterie auprès des jeunes générations de l’époque. Les fabricants auront profité de cette « nouvelle vague de son » qui s’est abattue sur le monde musical pour se mettre à proposer toute une gamme de produits encore plus variés (de batteries pour débutant à des modèles haut de gamme…). L’instrument a par la suite pu jouir d’une renommée croissante, surtout auprès des ados et jeunes adultes.

Les premières stars de la batterie « rock » ont fait leur apparition durant les années 60, dont Keith Moon (The Who) et, surtout, John Bonham (Led Zeppelin); l’instrument a alors pris une dimension inaccessible pour les jeunes fans, étant donné la puissance et le son immense popularisé par ces batteurs.


John Bonham (Led Zeppelin)

À la fin de la décennie 60, de plus en plus de batteurs ont commencé à utiliser de plus larges « set-ups » qui incluaient 3 toms ou plus (tom alto, tom médium et tom basse), des grosses caisses doubles, et plusieurs cymbales crash.

Dans les années 70, les toms de concerts (des toms sans la peau du dessous) sont devenus très populaires et étaient utilisés à la fois lors des concerts et en studio. L’idée derrière les tom de concerts était qu’étant donné l’absence de peau du dessous, la projection du tambour augmentait. La construction de la caisse du tambour a aussi changé au cours de cette période : les fabricants ont commencé à ajouter du contreplaqué pour la renforcer, dans le but que celle-ci puisse soutenir le poids plus important de la quincaillerie. Les batteries à 3 ou 4 contreplaqués ont mené à des caisses équipées de jusqu’à 4 à 8 épaisseurs de contreplaqués. De plus, au cours de ces années, la compagnie Ludwig a commencé à produire des caisses de batterie en acrylique, et l’un des premiers batteurs à avoir popularisé ce nouveau look est John Bonham de Led Zeppelin.

Le jeu de plus en plus puissant et lourd des batteurs « rock » est donc ce qui a contribué à l'amélioration de la fiabilité et de la solidité des différents composants qui constituent la batterie.

Batterie Zep Set en acrylique cinq pièces de Ludwig


Lars Ulrich (Metallica)

Led Zeppelin, qui utilisait un jeu à la batterie caractérisé à la fois par une grande puissance et une grande virtuosité, a inauguré le style « hard rock » (adopté par AC/DC, Deep Purple, Guns'n Roses, etc.) dans les années 1970, style qui nous a menés au « metal », un son qui, dans les années 80, a radicalisé de nouveau l'esthétique ultra-provocante (avec Metallica, Iron Maiden, etc.), pour conduire ensuite, dans les années 90, au « death metal », qui systématise un débit continu de double-pédale sur la grosse caisse.

C'est aussi durant les années 70 que sont apparus deux mouvements contradictoires au sein de la musique populaire : un courant plus brutal et rebelle d'abord, soit la musique « punk » (courant mené par Iggy Pop et ses Stooges aux États-Unis, et par les Sex Pistols en Angleterre), puis le « rock progressif », plus lyrique, voire carrément classique dans toutes ses formes (avec King Crimsom, David Bowie, Genesis, Dream Theater, etc.).

Chez les fabricants, les compagnies japonaises (Pearl, Yamaha, Tama...) ont gagné du terrain en Amérique et en Europe tout au long des années 70, proposant des avancés dans l’armature métallique, par exemple des supports à cymbales ainsi que des trépieds pour les toms durables et plus résistants. À l’époque, les batteries de la majorité des fabricants américain (Gretsch, Ludwig...) n’égalaient pas (en termes de qualité et de prix) ces nouveaux design asiatiques d’armatures métalliques, et ceux-ci ont donc dû de se ré-outiller et commencer à en produire de comparables de façon de plus en plus importante pour arriver à rivaliser avec les fabricants japonais. En Europe, malgré la rivalité prenante entre compagnies asiatiques et américaines, les compagnies européennes sont demeurées en lice honorablement avec quelques marques prenant alors lentement de l’ampleur, comme Sonor, Capelle ou Premier.


« Memriloc », conçu par Rogers Drum Company

Durant les années 70, on a aussi créé un nouveau système pour ajuster la hauteur des trépieds à l’aide d’un petit dispositif d’arrêt appelé le « Memriloc », conçu par la Rogers Drum Company. De nos jours, tous les fabricants de batteries possèdent leur propre système d’arrêt venant avec chaque trépied.

Vers la fin des années 70, un autre tournant a été marqué dans l’histoire de la batterie, par l’émergence des batteries électroniques qui a généré une controverse, aimées de certains batteurs et honnies par d’autres. L’apparition des premiers « toms synthétiseurs » a en fait lieu en 1978.


RIMS de toms

En 1980, les profondeurs « power size » de grosses caisses et de toms ont fait leur apparition parmi la myriade d’options que les compagnies proposaient déjà; on proposait dans ce cas-là l’ajout d’un pouce ou plus à la longueur de chaque caisse. De plus, à la même époque, un design de suspension appelé le RIMS (Resonance Isolation Mounting System) a été développé par l’ancien batteur de l’orchestre de jazz Air-Force Airmen of Note Gary Gauger; celui-ci améliorait la résonance des toms grâce à l’élimination du perçage des caisses.

Des années 80 à 90, les fabricants de batteries personnalisées ont commencé à proposer des finis et tailles différant de celles offertes par les compagnies majeures de batteries (bois « personnalisé », accastillages variés fort sympa, couches de bois différents plus ou moins profondes, etc.). Grâce à la fabrication personnalisée de batteries, un acheteur pouvait se procurer un « shell pack » qui consistait en une grosse caisse, une caisse claire, et des toms avec bords porteurs et trous percés pour chaque ligature. Les clients complétaient la fabrication par eux-mêmes en déterminant la couleur de l’instrument et le choix de quincaillerie.

C’est aussi pendant cette période qu’ont été créés les célèbres « racks » (systèmes de suspension permettant à la grosse caisse de ne pas avoir à tout soutenir).


Dave Grohl (nirvana)

Dans les années 90, la place prédominante des batteurs de « rock » a été confirmée encore davantage grâce à l’émergence de groupes comme Nirvana et son batteur Dave Grohl. Mais comme mentionné plus haut, on a surtout pu constater la confirmation, puis l’apogée d’un autre style musical : le « metal », où le maitre des fûts bourrinait sa double pédale de grosse caisse et générait des descentes de toms à pleine vapeur, ou encore martyrisait la caisse claire avec un généreux « blast beat »…

Depuis plus récemment, des batteurs ont adopté les percussions électroniques, et les « sampling pads », « triggers » et portables viennent parfois s’ajouter à leur batterie pour ajouter à leur son « live » des éléments programmés et même des éléments mélodiques, car ces doués « sampling pads » peuvent servir à maintes choses…

Conclusion

L’un des aspects les plus intéressants de toute l’histoire de la batterie est ce changement drastique ayant eu lieu dans la manière d’utiliser les percussions. En occident, on a cessé de les utiliser strictement pour les marches, pour les parades. Les percussions sont devenues fixes, et le batteur s’est installé dans une salle. Le percussionniste est devenu unique ainsi que le centre de la section rythmique. Les batteurs ont par la suite obtenu le pouvoir de changer le rythme quand et comment ils le voulaient... Ils ont également développé l’indépendance de chaque composant de la batterie.

Et jouer de la batterie, c’est presque devenu danser...


Batterie de Terry Bozzio (Frank Zappa)

Par ailleurs, il y a quelque chose de spécial dans l’union, la puissance et la concentration émanant d’une section rythmique de percussions. C’est beaucoup plus facile de créer un rythme quand plusieurs personnes y travaillent ensemble. Il y a aussi des dynamiques excitantes qui font surface lorsque plusieurs personnes créent ensemble quelque chose d’encore plus puissant que ce que peut créer un seul individu jouant seul. Des rythmes poly rythmiques peuvent être inventés, générés.

Ce que la batterie a fait, c’est obliger le percussionniste à être plus concentré, plus inventif, et l’amener à acquérir plus de dextérité.

Le boulot du batteur moderne est amusant, excitant et très exigeant. Il doit conserver le centre du rythme, jouer un rôle de soutien pour les autres instruments tandis qu’il trouve des façons d’être créatif et de faire des solos. Voilà en quoi un « drum fill» représente tant une poussée d’énergie créative de la part des batteurs.

Comment la batterie évoluera-t-elle dans le futur? Nous sommes partis de la simple fanfare au « set-up » grosse caisse, caisse claire et cymbales charleston, jusqu’aux sets grandioses des années 70, et maintenant l’on rencontre les batteries électroniques. Y aura-t-il un retour des fanfares? Ou les boites à rythmes remplaceront-elles le batteur…?

Une variation créative sur le thème de la batterie qui se renouvelle est le projet « Stomp ». « Stomp » utilise toutes sortes d’objets de la maison et d’objets divers comme instruments de percussion. Des percussionnistes talentueux interprètent des morceaux composés sur des tuyaux en pvc et des poubelles, entre autres.

L’avenir de la batterie

Nous sommes convaincus que la batterie continuera son évolution au fil des avancés technologiques et, qui sait, peut-être que la batterie traditionnelle comprendra bientôt des « sampling pads » à côté de la « hi-hat », ou des « triggers » sur ses toms…

Ne reste qu’à voir ce que le XXIe siècle réserve comme avancés à la batterie!

 

Source : drumsmash.com

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Hall Denfer, Saint-Maixent-l'École, France
Date :   9 septembre 2017
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La Trompette
Concert de fin de saison 2011-2012
Le piano, source http://www.marcleseyeux.com/
La guitare
Concert saison 2011-2012
La batterie
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Le Saxophone
Le Violon